CANTON DE TREVIERES.


N'aurait-on pas voulu dire par là que I'homme fortifié par la religion parvient à maîtriser les monstres les plus redoutables et à surmonter tous les dangers ? Ce serait une traduction de la légende qui montre partout les premiers évêques terrassant des dragons et s'en faisant obéir au nom de J.-C.

Le chœur, composé de deux travées, a subi bien plus de changements que la nef, parce qu'on lui a, vers le XIVe. siècle ou la fin du X IIIe. , accolé, du côté du Nord ,une grande chapelle qui communique avec lui par deux arcades; cette chapelle a été Voûtée dans l'origine: les Voûtes du chœur ont des arceaux prismatiques qui annoncent la fin du XVe. siècle ou le commencement du XVIe.
On voit aussi, du côté de l'épître , une fenêtre ogivale à deux baies et à compartiments flamboyants au sommet, qui doit dater de l’époque des Voûtes ; mais le chœur était primitivement roman comme la nef, puisqu'il existe encore, du côté du Sud ( première travée ) , une porte romane dont l'archivolte élégante, ornée de losanges , repose sur deux colonnes: cette porte est un peu moins large que celle de la lIer.














Le font baptismal, placé à l’extrémité occidentale de la nef, appartient au type que j'ai désigné, dans mon Cours d'Antiquités , sous la dénomination de cuves baptismales octogones ; il peut dater du XIVe. siècle ou de la fin du XIlIe. , Comme la chapelle accolée au chœur. Les huit panneaux sont garnis de la figure d'une fenêtre ogivale dont le sommet est rempli par des feuillages. Mes recommandations déjà anciennes ont peut-être empêché le renouvellement de ce font baptismal intéressant.


Le respectable abbé Guérel qui, pendant prés de 40 ans, a desservi la cure de colle ville (1), avait bien voulu tenir compte de mes observations, depuis l’année 1823 que j’avais analysé son église ; il est à désirer que ses successeurs imitent son exemple et s’abstiennent de faire des embellissements qui altéreraient le style de l’édifie.

La cloche porte l’inscription suivante : L’AN 1779 JAY ETE BENIE ET NOMMEE BERNARDINE JACQUELINE PAR DISCRETE PERSONNE MESSIRE JACQUES DES MARES P. LICENCIE DE SORBONNE PRIEUR COMMANDITAIRE ET SEIGNEUR DE LUSIGNAN, CURE DE COLLEVILLE ET PAR NOBLE DAME MARIE BERNARDINE JOSEPH HIACYNTHE DE MARGUERYE EPOUSE DE MESSIRE PHILIPPE Mel DE PIERRES CHEVALIER SEIGNEUR ET PATRON DE LOUVIERES.

L’église est sous l’invocation de N.-D. Le seigneur laïc ou le roi nommaient à la cure ; le curé percevait les dîmes.

(1) M. Guéret a été curé de colleville depuis l’an 1804 jusqu’à sa mort en 1843.

Antiquités romaines. M. Guerel, neveu de l'ancien cure de Colleville, ayant fait des défrichements dans Ies bruyères situées entre la mer et l'église .a trouvé sur deux points différents des briques à rebords , des débris de poterie grise et rouge de diverses espèces qu'il a bien voulu me montrer et dont il conserve chez lui des échantillons,
Il est donc constant qu'il y avait des habitations galloromaines dans les bruyères , qui ont été long-temps incultes et qu'on désignait à Colleville sous le nom de Vignets.

SOURCE : STATISTIQUE MONUMENTALE DE CALVADOS par Mr DE CAUMONT 1857
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